A propos de justice
« Nos » candidats à la présidence ne se bousculent pas pour évoquer ce qu’il est convenu d’appeler « les banlieues ». Prudence, prudence !
En effet, le débat, quand débat il y a, est faussé. Comprendre, expliquer, ou tenter d’expliquer s’opposerait, selon certains, à réprimer.
Laxisme contre répression ?
On nous explique : la révolte des jeunes serait due à leurs conditions de vie, aux cités ghettos, à des problèmes d’identité, à l’échec scolaire… bref, tout cela serait déterminé par les conditions d’environnement social, sociétal, etc…
On réprime : ces jeunes sont responsables, il faut sanctionner sans faiblesse, tolérance zéro, etc…
Oui et oui dans les deux cas !
Oui, nous sommes entièrement déterminés. Par notre origine, par notre milieu social, par notre éducation, par nos rencontres, par nos apprentissages, par notre place dans la société. Entièrement déterminés. Qu’on soit jeune ou adulte.
Mais oui aussi, nous sommes entièrement libres ! Libres de brûler ou de ne pas brûler une voiture, libres de torturer ou de refuser de torture, libres de tuer ou de ne pas tuer…
Mais oui aussi, nous sommes entièrement libres ! Libres de brûler ou de ne pas brûler une voiture, libres de torturer ou de refuser de torture, libres de tuer ou de ne pas tuer…
C’est dans cette contradiction que se place la loi. Celle qui tient compte de ce déterminisme auquel nul n’échappe, député comme simple citoyen, et qui doit aussi tenir compte de la sécurité indispensable à la vie commune et en conséquence prévoir comment remédier aux errements de la société et de l’individu.
Donc, faire une loi plus « dure » sans apporter de réponse aux causes (sociales, scolaires, etc…) ne changera rien, sinon à aggraver violence et sentiment d’injustice, et ne pas protéger les citoyens de la violence immédiate en croyant que traiter les causes à long terme suffira ne changera rien non plus.
C’est à cette articulation difficile que devrait s’attaquer les candidats dans leurs propositions. Les discours menaçants ne sont pas de mise, ni cette imbécillité entendue dans la bouche d’une « indigène de la république » exigeant qu’on reconnaisse dans la révolte des banlieues une révolte politique !
Quand au recours à la justice, nécessaire, il ne remplace pas la réflexion collective ni les décisions d’ordre social et ne peut-être qu’un « dernier recours » !
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