LE BAL DES FAUX CULS
Ils dansent, nos faux-culs, ils gigotent, ils valsent, ils pérorent, ils festivalent suissiquement, ils pétitionnent polanskiment, ah, les braves pseudo-intellos, les belles dames en robes du soir, les beaux messieurs ornés de toute leur pipolerie sonnante et trébuchante ! Ah, le beau philosophe, quels gracieux effets de manche et de mèche ! Ah, les belles actrices pourries de fric et d’autres substances délicates, quels beaux décolletés pleins d’amour de son prochain quand il fait partie de la caste !
Les voyez-vous, assemblés en cette ronde gigotante de vertueux défenseurs de l’opprimé, surtout s’il est un créateur-génial-reconnu-célèbre-et-tout-et-tout ? Agglutinés en avocaillons du malheureux à peine poursuivi si injustement pour n’avoir que révélé à une petite pute les doux plaisir du sexe ? Les entendez-vous coasser, grenouilles des bénitiers du cinématiquement correct ? Entonner en un chœur virginal les beautés de l’initiation précoce des jeunes filles en fleurs ?
Et si le type en question n’était que chômeur, de surcroit SDF, auraient-ils chanté la même angélique indignation ? Poser la question est y répondre ! Tartuffe est vivant, hosannah, mes frères, louons le seigneur (pas cher, faut pas pousser) même le Figaro s’indigne ! L’organe du Pape en France ! Ce n’est plus un bal, c’est un gala de charité ! A quand une quête pour venir en aide aux pauvres riches justement poursuivis ?
Connaissez-vous ce nouveau ministre dit « de la culture », qui écrivit si bien en un livre magnifique ses turpitudes et désirs réalisés avec les petits garçons de Thaïlande ou d’ailleurs ? Mais peut-être ne sont-ce que fantasmes, comme le disait sur la petite fenêtre bleue ce monsieur Calvi si prompt à défendre maimaitre ?
Valsez, messeigneurs et vos putains, un jour, c’est nous qui vous feront valser au bout de nos piques (hé, Calvi, c’est un fantasme, mon gars !), ou à grands coups de pieds au cul, sans la vaseline qui vous sert de cerveau et vous descend jusqu’au trou du c….
Quant au chantre (j’allais écrire « chancre »! Diable ! Voilà que ma langue précède ma pensée, oh lapsus quand tu nous tiens !) du parti des godillots du Président, si empressé à proposer, dans sa grande humanité (hé oui, c’est un humaniste qu’on ignore) la castration chimique pour les violeurs, surfant sur le dégoût normal qu’inspirent les actes de ceux-ci, donc, ce chantre mou voudrait préserver la sécurité des français. Bouffon ! Quand on voit sa tronche, on n’a guère envie que ce pitbull nous protège !
Les avez-vous vus, lui et la cheftaine du FN, se disputer à qui serait le plus répressif ? Des fois que l’un pique les voix des vieux fachos de l’autre ! Elle qui veut rétablir la peine de mort, lui qui veut contourner le conseil constitutionnel (si, si, il l’a expliqué !) pour que les lois répressives soient rétroactives ! Quel beau couple. Quelle gracieux tango ont-ils dansé hier soir. On en pleurerait tant c’était émouvant. Silence, les mal-pensants : je vous entends. Vous ne savez pas apprécier comme il se doit toute la subtilité philosophico-existentielle que recèle la pensée de ce couple quasi idéal. La beauté vous échappe, pauvres ilotes !
Fort heureusement, pas un seul n’a demandé de peine ni de la plus petite condamnation pour les sérial-killer patronaux : ceux qui ferment les usines, virent les ouvriers, provoquent les suicides, enfoncent les familles dans la misère. Non, on est entre gens de bien. On pleurniche une larmichette compassionnelle à la Darcos (hé oui, il sévit maintenant ailleurs qu’à l’éducation nationale), histoire de pas rigoler en public avec son vieux pote du Medef, et valsez jeunesse, la farce est jouée, la messe est dite. Fermez vos gueules et circulez.
Et nous, mes compagnons sur cette terre, allons-nous encore longtemps supporter que ces vautours se nourrissent de nos peurs, de nos chairs, de nos sueurs ?
Moi, j’aime bien la marseillaise : « aux armes, citoyens !... »
Ah oui, j’entends déjà les hyènes et autres chacals me condamner pour appel au meurtre. Symbolique, le meurtre, messieurs, symbolique ! Un fantasme, comme dit Calvi en parlant de son maimaitre.
Post-scriptum : je dois des excuses aux vautours, aux hyènes et aux chacals. Je ne voulais pas les insulter en les comparant à ces gens-là. Ces bêtes valent bien mieux qu’eux !
Post-scriptum 2 : j’écris « post-scriptum » en entier, je voudrais pas laisser croire qu’en écrivant PS j’ai viré ma cuti !