voeux

Publié le par jacques thomassaint

 

 

Saltimbanques du fleuve charroyé de crépuscule

 

Voici mon salut de poète embarqué

Dans le grand parler d’ombre et de lumière

Avec vous accoudé à la rive des esquifs

Écoutant dans la nuit l’assemblage des voix

Comme planches de chêne et hanches de roseaux

 

Maraudeurs des fontaines

Où viennent boire les chevaux désharnachés

 

Voici mon salut fraternel dérivant

Sur la lenteur alternée des eaux

Avec vous ce soir amarré à la forêt des charpentes

Regardant passer des fantômes de haleurs

Et leurs souffles d’arméries et de salicornes

Écoutant dans l’obscurité l’effraie solitaire

Comme un musicien noctambule accordant son chant

Au chant des hommes

 

Voltigeurs du verbe sur la berge des marées

 

Voici mon salut de compagnon passager

Parmi les mots les rires et les cœurs battants

Avec vous attablé à la cène des légendes

Festoyant rimes et silences

Écoutant dans le frémissement du songe

Ce halètement du flot que remontent les rameurs

Comme un murmure d’îles provisoires

Sous la pluie des projecteurs

 

Porteurs de paroles au bord du monde

 

Voici mon salut de voleur d’étoiles

Sous le trémail replié des arc en ciel 

Avec vous assis sur le banc des nuits océanes

Écoutant dans le craquement des lisses

L’appel des cintres ouverts sur le ciel

Et dans la batée des vagues contre les bordés

Comme un chuchotement de coulisses

Avant juste avant que ne se lève enfin

Le velours poignant d’un matin d’été.

 

 

Jacques Thomassaint

 

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Publié dans poésie

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