Le septième jour
Alors, il prit sa décision.
Le premier jour, de la passerelle franchissant les rails, il voulut se jeter sous un train. Il avait négligé la lecture de son quotidien habituel, lequel annonçait la grève des cheminots.
Le second jour, il calfeutra portes et fenêtres. Il s’aperçut alors que son immeuble était, pour des raisons de sécurité, dépourvu d’installation au gaz.
Le troisième jour, il se retrouva assis sur le plancher, parmi les morceaux de verre et de plâtre. Seule la corde attachée au lustre et terminée par un nœud coulant avait résisté à la tentative.
Le quatrième jour, les somnifères et le whisky lui prodiguèrent une nuit sans rêve. Il se réveilla nauséeux, et vivant.
Le cinquième jour, le pistolet fonctionna et les balles à blanc le noircirent de poudre.
Le sixième jour, le marinier qui le vit tomber du pont sur le toit de sa péniche, l’emmena aussitôt à l’hôpital, une jambe brisée et le dos endolori.
Le septième jour, de désespoir, il décida de vivre.