Feu !
- Une pétition émanant du journal Politis – qui rêve de voir disparaître le PCF depuis toujours- appelle à la création d’un mouvement à gauche. Un de plus. Les signataires, tous éminemment respectables, vont de la responsable d’ATTAC à ce soi-disant communiste qui, quand il fut ministre des transports, favorisa la privatisation du fret SNCF… O y trouve aussi des communistes de diverses tendances fratricides.
- Par ailleurs, l’autoproclamé responsable national des CUAL (collectifs unitaires antilibéraux) appelle aussi de son côte à créer un autre mouvement de gauche.
- Nikonoff, ancien dirigeant d’ATTAC, crée le MPEP, (mouvement politique d’éducation populaire).
Tous ces gens, tendances et créations ont un seul but, me semble-t-il : voir se diluer, se dissoudre, disparaître le Parti Communiste Français. Tout en utilisant sans vergogne ses structures, ses militants abusés ou désespérés, et en espérant bien récupérer les murs de la place du colonel Fabien.
Un petit exemple de manipulation des collectifs, du côté de chez moi. Un tel collectif se crée, initie des séances d’information. Bien dites-vous, et alors ? Alors : ce sont les militants du PCF qui font le boulot, c’est le PCF qui paie les tracts… et on voit même des adhérents du PCF se présenter d’abord comme « antilibéraux » et non comme « communistes ».
Second exemple : quelques communistes, dont je suis, proposent de créer un journal, au plan local, afin de tenter si c’est possible de contrecarrer les médias télés qui préfèrent un Besancenot gentillet mais pouvant éventuellement servir de repoussoir. Le coup de FN en quelque sorte, en plus soft.
Or, à peine le projet commence-t-il à voir le jour qu’il est proposé de le différer. Non pas à l’initiative du PCF, mais d’un membre du « Collectif antilibéral ». Exit encore une fois l’expression propre du PC !
Il me semble que là encore, faire disparaître ce parti dans une nébuleuse indéfinissable est l’objectif, inavoué, inavouable, et peut-être même pas volontaire !
Or, sans un parti révolutionnaire organisé, fort, je ne vois pas comment changer cette société dans laquelle les dirigeants nous ramènent au 19ème siècle. Je ne vous fais pas la liste des abominations que les gens de la commission de Bruxelles, soutenus par la bande à Sarko, mettent en place avec une violence rare.
Nous sommes en train de payer très cher l’abandon et/ou le dévoiement de l’analyse marxienne. Abandon qui s’est traduit par l’électoralisme, le vote dit « utile », lequel s’est fait au détriment des salariés, des fonctionnaires, des prolétaires.
Le défi est à l’échelle européenne : allons-nous accepter d’être emmenés à l’abattoir sans moufter ou allons-nous nous révolter face à ces saloperies ?
Nos armes : politisation, syndicalisation, grèves, blocages, manifestations, et, en contrepoint seulement, élections.
Et l’internationalisme, l’opposition ferme au traité de Lisbonne et à l’Europe de Maastricht.
Dans ce cadre, sortir de cette Europe-Là est urgent ! Et construire l’Europe des peuples à la place, et non tenter vainement de réformettiser l’existante.
La disparition du PCF serait une catastrophe, y compris pour ceux qui, à gauche, en rêvent. Car la caste des capitalistes ne se contentera pas de cela : suivront ensuite, par cercles concentriques, tous ceux qui oseront ne serait-ce que murmurer leur désaccord. Comme ceux qui, dans les années 39/45, mutatis mutandis, fermèrent les yeux sur les arrestations de communistes, de juifs… et n’échappèrent pas au fascisme, sauf à collaborer lâchement.
A suivre…