culture

Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 17:07

Malgré ce que prétendent les beaux messieux donneurs de leçons sur nos écrans, la culture n'est nullement absente du progamme du FRONT DE GAUCHE. C'est une raison supplémentaire d'y apporter mon bulletin de vote. Et le vôtre, bien entendu !

Voici le discours de JL Mélenchon lors de la soirée du Bataclan consacréeà  cette question.

A lire attentivement ! C'est très loin au-dessus du blabla sarkozyste !

L'enjeu culture

« L’homme de culture doit être un inventeur d’âmes. » 


En ampleur et en ambition, mais aussi parce qu’elle nous oblige à nous hisser plus haut que nous-mêmes, la phrase d’Aimé Césaire porte en elle bien plus qu’une indication. Une exigence. Presque une injonction. 
Avec ces mots-étendards contre l’ordre globalitaire, nous ne som­mes pas des chevaliers errants quêtant la promesse d’un bonheur âprement disputé. Nous ne sommes que de simples républi­cains pour lesquels la vieille aspiration à la « culture pour tous » reste un horizon à conquérir. L’un des plus beaux. Celui qui donne du corps aux perspectives d’éman­cipation collective – et confère de l’esprit à cette part d’humanité puisant sans relâ­che dans le creuset de nos imaginations. Par là s’invente un nouveau monde, arra­ché à nos mélancolies.

L’autre soir, dans une salle du Bataclan trop petite pour accueillir la foule, le monde de la culture a relevé le poing com­me on relève le gant. « Il faut être éduqué culturellement pour pouvoir apprécier le monde dans lequel nous vivons », a lancé le candidat Jean-Luc Mélenchon. L’heure est grave. Car le règne de Nicolas Sarkozy aura été aussi mortifère en ce domaine que pour le reste. Dépourvu de toute culture de la culture, 
il ne pouvait que la penser à la hauteur de sa médiocrité… Ainsi, l’affais­sement programmé de la culture signe comme l’achèvement du processus sarko­zyste : transformer les citoyens en con­sommateurs, les contraindre à la sortie de l’histoire et des moyens d’agir pour la transformer.

Avec lui, le concept de « culture pour tous » a été piétiné au profit (c’est le cas de le dire) de « la culture pour chacun », principe inégalitaire qui vise à opposer la prétendue culture d’une « élite » à celle du « peuple ». Le mal est considérable. La captation massive du temps de cerveau disponible a accéléré la disparition des humanités, des classiques, brimant jus­qu’aux aventuriers de ces vastes conti­nents que sont les créations en tous gen­res. Jamais dans notre histoire contempo­raine n’a autant progressé le formatage de la norme marchande à toutes les activités humaines, y compris gratuites. L’Homo œconomicus a été sacré dans les nouveaux temples du consumérisme, de la grossie­reté sponsorisée et de la déculturation à tous les étages… Et pourtant. L’homme descend du songe. Rappelons-nous-le, lorsque nous doutons des autres 
et de nous-mêmes, soumis que nous sommes à la dictature du consommer-jetable qui s’emploie à favoriser l’uniformisation et la banalité au détriment de l’excellence singulière. Et affirmons-le : ce qu’une cul­ture tient pour sacré peut se définir comme « ce qui n’est pas à vendre ».

Voilà pourquoi le Front de gauche ne lâche pas son fil d’Ariane. Ses réponses à la crise de civilisation sont culturelles, parce qu’elles placent Philosophie et Rai­son au centre de tous ses objectifs uni­versels. Pour avoir une vision du monde et anéantir la marchandisation avilissante, il faut une vision culturelle ! La création, l’amour, la fraternité ou le don de soi n’ont rien à voir avec la loi du chiffre, qui défait le lien, disloque, isole.

La culture est tout le contraire, symbole de partage. « La culture ne s’hérite pas, elle se con­quiert », disait Malraux. En ces temps de régressions où les conditions de transmis­sion des connaissances ne sont plus réu­nies, répétons inlassablement que le com­bat pour la culture n’est pas un supplé­ment d’âme. Il mérite donc tous les moyens, toutes nos attentions.

Dès lors, telle une nécessité vitale, l’insur­rection civique que nous appelons de nos vœux sera aussi culturelle

Par jacques thomassaint - Publié dans : culture
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 13:08

Couv Ankou page 001

 

 

 

 

 

 

Je publie, pour la fin février 2012, un ouvrage « tous publics » :
L’ANKOU, UN PASSEUR D’AMES
dans lequel je présente la légende bretonne de l’Ankou et la compare avec quelques autres légendes. Il s’agit d’un ouvrage de vulgarisation, que j’ai voulu facile à lire mais comportant cependant suffisamment d’informations pour éventuellement donner envie d’aller voir plus avant. Ce qui justifie la bibliographie donnée à la fin. Un conte (que j’ai imaginé) fait une sorte de lien final.

Ce livre est publié aux éditions associatives  « Chemin Faisant » de Ploemeur (56). J’en assure la diffusion locale. Illustration couleur de couverture et noir et blanc pour chaque chapitre, de Nicolas le Tutour.
En voici  quelques extraits… il me semble que ce travail  pourrait intéresser aussi bien des ados que des adultes.

Format poche 17x12 avec rabats, 90 pages. 12 €

Chaque chapitre est précédé d’une sorte de comptine populaire.

extraits du livre :

LE MESSAGER DE L’ENFER

Trois fois chante l’effraie
Trois fois la dame blanche
Tout en haut de sa branche
Hulule puis se tait.

C’est le messager de l’enfer
Qui va sur la lande et la mer.

Trois fois gémit le vent
Trois fois la vague lève
Et pousse sur la grève
La barque et son gréement.


À toutes les époques, dans tous les pays, les hommes et les femmes n’ont cessé de se poser des questions sur la vie et sur la mort.
À ces questions, ils n’ont pas toujours trouvé des réponses. Alors, ils les ont inventées, sous la forme d’histoires, de contes, de légendes, de mythologies. Par milliers. De l’Égypte à la Grèce, de la Scandinavie à l’Afrique, du Saskatchewan à la Mongolie, de la Bretagne à la Chine.
…ce ne sont pas de « vraies » explications. … Mais, enfants ou adultes, nous avons besoin qu’une réponse, même imaginaire, même totalement inventée, vienne nous aider à vivre. Qu’elle nous rassure. Il est si bon d’avoir peur en sachant que « tout ça », ce ne sont que des histoires ! Des histoires d’ogres, de grand méchant loup, de fantômes ricanant ou de princesse endormie pour mille ans !
…. il n’est pas étonnant qu’un aussi grand mystère que celui de la mort ait provoqué des quantités de légendes…Comme cet « Ankou » dont on racontait - dont on raconte encore - les histoires en Bretagne, des bords de Loire aux rives du Scorff, de la Rance à l’Aber-Wrac’h, de Pontivy à Douarnenez...

IL S’ANNONCE
Il a prévenu. Il n’a pas dit son nom, il n’a pas crié à tous les vents : « C’est moi, l’Ankou, j’arrive ! Prenez garde à vous ! ». Pas de roulements de tambour, pas de trompettes éclatantes, pas de haut-parleurs, pas de gros titres dans le journal. Rien de tout cela ! Mais néanmoins, certains l’ont entendu, deviné, pressenti ! Ils savent que ce serviteur de la mort va bientôt venir….
…Ses messages, ce sont les présages. On les appelle aussi les « intersignes ». Difficiles à lire, à déchiffrer. Tout le monde ne les reçoit pas, et parmi ceux qui les reçoivent, tous ne savent pas que ce sont des signes, et peu savent les interpréter.
…Un bruit ordinaire peut être un intersigne. Un verre qui se brise, un courant d’air froid, un escalier qui grince, quelqu’un qui passe dans la rue et qu’on croit reconnaître. Souvent, ce sont des événements qu’une seule personne remarque et trouve étrange : des bruits de pas dans le grenier alors qu’il n’y a personne, un animal blanc ou noir qui traverse la route et disparaît sans qu’on ait pu savoir de quelle espèce il était, le son d’une voix qui appelle alors qu’on est seul, le cri d’une chouette……

SES PORTAITS
…C’est un squelette, dit la chanson. Elle a raison. Au début, il est nu ! On dit nu comme un ver. L’Ankou, lui, est nu.... comme un squelette ! Sans doute parce que les corps enterrés, peu à peu, voient leur chair se détruire, et que, bientôt, il ne reste que les os……
… il tient fermement son outil. Ce n’est pas toujours le même.
 
SES VOYAGES
… l’Ankou n’a rien inventé, n’a rien fabriqué pour ses transports. Il a tout bêtement emprunté une charrette ! Une charrette de paysan, comme celle que celui-ci utilise pour ses travaux des champs. Il y transporte ses récoltes de fourrage, de blé, d’orge, de pommes de terre, ses sacs de farine au retour du moulin, il y emmène sa famille pour aller au village écouter le prêtre dans l’église où une sculpture figure l’Ankou.

DOLMENS ET TUMULUS
Il en faut, du temps, pour que les anaons, qui sont les âmes des humains, puissent arriver à destination. Elles cherchent, ces pauvres âmes, les « lieux de paix » que les celtes appelaient des  sidhes. Sidhes terrestres et souterrains qui, peut-être, étaient jadis marqués par ces tertres et tumulus verdoyants si nombreux en Bretagne.
….Nos lointains voisins du nord, vikings et autres grands navigateurs, en Scandinavie, enterraient également leurs morts sous des tumulus. Parfois immenses, en forme de navire, ils les appelaient d’un nom pour nous étrange : les  skibstning.
….Des tumulus existent jusqu’au Japon où ils sont aussi grands que les pyramides d’Égypte.
….On dit aussi que des pierres énormes, ces formidables menhirs dressés un peu partout désigneraient l’emplacement de ces sidhes. Il faut croire alors que l’Ankou a beaucoup voyagé : ne voit-on pas de ces mégalithes….

PESTE ET GUERRES/ LES POURVOYEURS
Elle s’est répandue partout, s’est infiltrée sous les portes des chaumières, est passée sous les poternes des villes, s’est installée dans les rues, sur les places et les  marchés.
Elle n’a eu de pitié pour personne, ni pour  le laboureur, ni pour le sabotier ou  le meunier. Elle a aimé la misère où elle a pu proliférer sans crainte. Elle s’est  vautrée dans les ruelles où coulent les eaux des égouts et dans les lits des affaiblis et des blessés….
… Elle, la Dame Noire, la peste ! La terrible pourvoyeuse de l’Ankou ! LA PESTE ! AN DROUK !
Elle est signalée en 1346, puis en 1349. Elle réapparaît en 1412 et en 1470. Elle suit en 1529 la famine de 1527. En 1532, les épidémies de ces trois horribles maladies : typhus, syphilis et peste font des milliers de morts !

LES AUTRES PASSEURS D’AMES
Passeur de l’Achéron et du Styx,
Reine des enfers au-delà du fleuve,
Capitaine de l’île au milieu de la mer,
Embaumeur maître de la barque solaire,
Charretier à l’inusable faux,
Vigie du bateau fantôme,
Ils sont compagnons de même route,
Ils sont les « passeurs d’âmes ».

Suivent quatre histoires avec ces mythes :

CHARON, le nocher des enfers, et une aventure d’Héraclès.
DONN, l’irlandais solitaire.
HEL, une femme reine du domaine des morts, et l’aventure de Baldr le bon
ANUBIS, l’embaumeur à la tête de chacal noir sur un corps d’homme.

…  LE CONTE FINAL
Rêve rêve la belle
A l’amour à la vie
Rêve rêve la belle
Tout commence aujourd’hui
Ce soir tu es si belle
Que l’Ankou s’est enfui

Quand naquit Gwenaëlle, le monde allait comme va toujours le monde, un peu en rond, un peu de travers.
Au troisième jour qui suivit sa naissance, la lumière s’éteignit pour sa mère. Une vie pour une autre, murmura la grand-mère toute de noir vêtue.
Au septième jour, de chagrin et de désespoir, le père s’en alla rejoindre sa femme dans l’enfer froid des ténèbres, dans le grand fleuve souterrain, parmi les anaons errants.
Gwenaëlle resta seule avec sa grand-mère.……….

UNE BIBLIO GRAPHIE COMPLETE L’OUVRAGE

 

Par jacques thomassaint - Publié dans : culture - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 13:13

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Par jacques thomassaint - Publié dans : culture - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 10:36

je transmets cet article, qui m'a paru fort intéressant (et nécessaire) :

 

L'art, la culture et la gauche

08 Août 2011 Par Nicolas Roméas

 

                Victoire ! Quelques mois avant une échéance électorale absolument cruciale, les partis de la gauche française semblent enfin se réveiller sur la question essentielle de la culture.
Nous nous en félicitons, bien sûr, et nous aurions mauvaise grâce à ne pas le faire, nous qui, depuis des lustres, ne cessons de tirer cette sonnette d'alarme. (1) Mais, il faut l'avouer, nous ne sommes pas certains qu'il s'agisse d'une prise de conscience suffisamment profonde de ce qui est aujourd'hui en jeu. Car, lorsque nous prétendons que cette question est essentielle, nous ne voulons pas - seulement - rappeler qu'il s'agit là d'un enjeu politique important pour la gauche française face aux effets délétères de l'ultralibéralisme… La situation est plus grave et elle dépasse de très loin les joutes conjoncturelles récurrentes en période d'élection.


                Il est important de le rappeler : il ne s'agit pas uniquement de moyens, de rééquilibrage, de la considération accordée ou non par les pouvoirs publics aux artistes et aux équipes reconnues. Il ne s'agit pas de prétendre améliorer leur statut sans avoir, au préalable, expliqué pourquoi, si nous voulons bifurquer avant le mur, tout l'avenir de notre société dépend, non seulement des artistes, mais du statut que nous sommes collectivement capables d'accorder à l'immatériel, au non-rentable, aux valeurs de l'esprit, à ce que nous appelons culture au sens le plus large et le plus profond de ce mot, et donc à l'art et à tous les outils qui servent à fabriquer ce que Peter Brook nomme la relation. Faute de quoi, quelle que soit la bonne volonté affichée, notre société sera inéluctablement vouée, comme le rappelle Bernard Stiegler (2), à produire des artistes hors-sol, incapables d'entretenir un vrai dialogue avec la collectivité dont ils sont issus et à laquelle ils sont supposés s'adresser.


                Ce que nous affirmons, c'est qu'il s'agit, au même titre que l'écologie et solidairement avec elle, d'un enjeu central pour l'avenir de notre civilisation. Bien sûr, dans une société post-industrielle qui ne connaît d'autre valeur que la rentabilité, l'idéal d'une culture et d'un art qui agissent en permanence sur et dans la collectivité pour en mettre en question les repères et tenter de la transformer, semble inatteignable. Mais cet idéal ne doit jamais être perdu de vue si nous voulons être capables de résister au clivage terrifiant qui se dessine entre deux formes dénaturées de l'art : d'un côté un populisme marchand qui, comme l'enjoignait une récente directive présidentielle, doit «répondre à une demande» sans offrir d'élever le niveau de conscience général - mais bien son propre niveau de rentabilité -, et de l'autre un «élitisme» abscons et suiviste de modes qui répond au besoin de distinction qu'évoqua Pierre Bourdieu. Pour échapper au piège de ce choix qui n'en est pas un, il faut retrouver le sens de l'art et de ses productions «délibérément écartées», écrivit Hannah Arendt, «des procès de consommation et d'utilisation», et de la mission d'artistes qui ont selon elle en commun avec les politiques d'avoir «besoin d'un espace publiquement organisé pour leur "œuvre", et de dépendre d'autrui pour son exécution.» (3)


                Il ne faut donc pas se contenter, pour défendre une vision vraiment politique de l'art, de permettre à chaque citoyen d'accéder à une culture d'élite, mais donner aux pratiques artistiques leur véritable statut, celui d'outil au cœur de la société. Il faut pousser plus loin la réflexion.


                On retrouve ici l'une des différences fondamentales entre la démarche de démocratisation culturelle mise en œuvre par André Malraux - dont l'objectif était de donner au plus grand nombre l'accès aux œuvres majeures de l'esprit - et les magnifiques initiatives d'Éducation populaire initiées après-guerre en France au niveau de l'État - et aujourd'hui en fin de vie -, fondées sur l'idée que l'art et la culture sont, avant tout, des outils d'initiation à la vie dans la société humaine.


                Si la catastrophe politique que nous traversons aujourd'hui devait nous être en ce domaine de quelque utilité, ce serait de nous obliger à un retour aux fondamentaux. Ces fondamentaux doivent être repris et réaffirmés avant toute décision politique, notamment d'ordre financier. À quoi bon, en effet, financer plus un mauvais système, sans l'avoir au préalable entièrement repensé ? Certains de ces fondamentaux furent portés par des socialistes, dont l'éphémère et courageuse ministre Catherine Trautmann, initiatrice de la Charte des missions de service public de la culture qui s'efforça de rappeler à leurs devoirs les utilisateurs de fonds publics, fut un exemple remarquable. Et personne ne pourra honnêtement prétendre qu'elle fut soutenue dans ce combat par ses pairs, ni par le «Gotha» culturel ! L'un de ces fondamentaux, c'est l'idée qu'il n'y a pas de distinction qui tienne entre ce que l'on appelle «socio-culturel» et ce que l'on qualifie d'«art». L'art est un acte plus ou moins efficace au sein de la collectivité, il donne ses fruits ou il ne les donne pas, mais, comme l'écrivit Denis Guénoun (4), il n'y a pas d'un côté un art «véritable», fait pour consacrer la distinction des élites et, de l'autre, un art qui serait de «deuxième vitesse». L'exigence, dans tous les cas, doit être aussi élevée.


                Chacun se souvient que ce pays a été, il n'y a pas si longtemps, gouverné par une coalition de partis de gauche. La culture fut-elle alors prise en compte par l'État avec la profondeur requise, celle dont nous voulons parler ici ? Non. En dehors des exemples évoqués plus haut, elle ne le fut pas suffisamment, en particulier en termes de résistance à un ordre mondial de plus en plus contrôlé par les tenants de la finance et du commerce international qui, partout, tendent à imposer la tyrannie du chiffre. Et ceci, d'abord, pour une raison simple. Lorsque l'on met l'accent sur ce qui peut être utilisé par le pouvoir pour accroître son rayonnement en termes de valeur ajoutée, au niveau national pour une Ville, une Région, un Département, ou, au niveau mondial, pour un État, ce n'est plus vraiment de culture que l'on parle, au sens où nous voulons l'entendre. Lorsqu'on favorise ce qui est porteur de pouvoir, que ce soit ce qui est déjà visible et reconnu ou ce qui est susceptible de le devenir, on ne favorise pas la culture au sens d'une circulation permanente des idées et des symboles, on se contente d'utiliser ce qui, dans les productions culturelles, peut être utile au politique dans ses échéances et ses besoins de visibilité propres. Et c'est une chose tout à fait différente. Défendre la culture, c'est défendre la nécessité d'une action invisible, (ou à peine visible) qui agit à la fois dans la durée et dans l'instant, de ce qui n'a aucune vocation à faire la «une» des quotidiens, de ce qui échappe, comme le fait remarquer Emmanuel Wallon (5), aux enjeux macro-économiques, de ce qui ne produit aucun phénomène de vedettariat, de ce qui constitue, pourrait-on dire, la nappe phréatique sans laquelle aucune production culturelle visible et reconnue ne serait jamais possible, ne serait-ce que parce que les codes pour la décrypter finiraient pas disparaître de notre langage commun.


                Depuis une quarantaine d'années, les questions de l'écologie ont traversé dans ce pays un parcours politique très semblable à celui qui s'amorce aujourd'hui pour ce que nous appelons culture. Des alertes de courageux imprécateurs, dont René Dumont ne fut pas le moindre - qu'aux débuts de leur combat, personne ou presque n'entendait  - à la création d'une opinion, d'un vocabulaire commun, puis d'une force politique, la prise de conscience s'est progressivement nourrie d'un certain nombre de catastrophes dont nous sommes loin d'avoir vu le terme.


                Or, ce qu'il faut faire entendre à nos responsables politiques, ceux, en tout cas, qui sont aptes à l'entendre, c'est que le même phénomène est sur le point de se produire aujourd'hui avec la "culture", ou ce que nous aimons nommer le symbolique, c'est-à-dire l'ensemble des outils de la construction de l'humain.


                Il ne s'agira pas seulement, cette fois, de préserver la planète en tant que milieu naturel, mais bien de savoir si cette planète pourra être peuplée d'humains au sens que nous sommes encore en mesure de donner à ce mot. Il s'agit simplement de savoir si nous allons conserver à l'avenir la possibilité de construire des êtres humains pensant, capables, par conséquent, d'élaborer des modalités de vie commune.


                Comme l'a dit et écrit si précisément la philosophe Marie-José Mondzain (6), lorsque nous parlons de culture, il ne s'agit pas seulement de la question du soutien public de l'un des éléments primordiaux de notre vie en société, il ne s'agit pas uniquement de l'un des aspects, fût-il essentiel, de notre vie politique. Il s'agit de la condition-même de toute possibilité de vie politique. Pas de vie politique digne de ce nom sans confrontation et circulation d'idées, et par conséquent sans possibilité de construire ces idées dans un échange permanent, pas de vie politique digne de ce nom sans mémoire historique, sans réflexion sur notre destin commun, pas de vie politique digne de ce nom sans le précieux exercice de polémiques intellectuelles fondées sur un savoir et une pensée qui se construit dans un aller-retour incessant entre l'individu et le groupe. Pas de vie politique digne de ce nom sans intelligence collective, sans débats et donc sans culture.


                Et c'est évidemment pour cela que les tenants de l'ultralibéralisme, en s'efforçant de détruire, à l'échelle mondiale, toute possibilité de culture, en en brisant un à un les outils, de l'Éducation à la Recherche en passant par le soutien aux pratiques artistiques, ont bel et bien pour objectif de rendre impossible toute vie politique digne de ce nom pour, à terme, réduire à néant toute capacité de construction d'êtres pensant, rêvant, imaginant, édifiant l'avenir en n'oubliant pas le passé, faisant des choix et tentant de les éclairer, apprenant de l'autre, remettant en question leurs savoirs, pratiquant l'échange et le doute dans l'inappréciable agora que ne doit jamais cesser d'être une société humaine.


Nicolas Roméas, directeur de la revue culturelle Cassandre/Horschamp. www.horschamp.org



1 - Appel "Impossible absence" en ligne sur www.horschamp.org

2 - Bernard Stiegler est philosophe, il dirige l'institut de recherche et d'innovation (IRI) au sein du Centre Georges Pompidou. Il est l'initiateur du groupe de réflexion philosophique Ars Industrialis (« Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit »), dont il est le président.

3 - Hannah Arendt "La crise de la culture" Between Past and Future, première édition en 1961.

4 - Denis Guénoun est auteur de nombreux ouvrages sur le théâtre, professeur des Universités, agrégé de philosophie  et docteur en philosophie.

5 - Auteur, professeur de sociologie politique à l'Université Paris Ouest - Nanterre.

6 - Marie-José Mondzain est auteur, philosophe, directrice de recherche au CNRS.

 

 

Par jacques thomassaint - Publié dans : culture
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Mercredi 29 juin 2011 3 29 /06 /Juin /2011 15:11

Chers amis lecteurs de ce blog,

vous lirez ci-dessous le texte du message envoyé par l'éditeur de mon prochain roman "La résurrection de l'escargot" à quelques adresses, dont peut-être la vôtre. Merci de faire circuler ce texte, c'est un des moyens de diffuser les livres hors circuit (de la pensée dominante):

 

Bonjour,

 

Si vous lisez ce message, c'est que vous faites partie des proches de Jacques Thomassaint qui a le plaisir de vous annoncer la sortie de son livre " La résurrection de l'escargot ".

 

Un événement à saluer et un roman vraiment étonnant qu'il faut défendre, grâce à vous. Car si nous avons décidé de l’éditer, seuls les lecteurs le feront vivre et vous pouvez être l’un des premiers d’entre eux.

 

Quelques mots le concernant : " Dans ce pays dominé par le gang du Présid’Boss Nicoléon, chacun survit comme il peut. D’étranges événements surviennent, alors que la pluie n’a cessé depuis des semaines. Tout est devenu bourbier, des rues aux mœurs politiques. Dans cette débâcle, des personnages s’agitent, agissent, plus ou moins mystérieusement. De la Mère Denis dans sa boutique à Prosper Proprius tueur à gages, de Vladimir Oulianov trafiquant d’armes auvergnat à l’émigré afghan, ou de monsieur Edmond, doux rêveur à Marguerite, éleveuse de porcs dans la Creuse. Et d’autres encore, inconnus, discrets, armés peut-être. Comme l’escargot réfugié dans sa coquille, le peuple attend. La célébration de l’anniversaire de Nicoléon sera un grand moment, et une grande surprise… Une très grande surprise ! "

 

Parce que vous faites partie de ses proches, Jacques et moi-même vous proposons de découvrir son livre en avant-première et de bénéficier d'une première édition qui vous est spécialement réservée avec votre exemplaire personnellement dédicacé !

 

Cliquez sur le lien pour visualiser le livre et réservez votre exemplaire si vous le souhaitez : http://www.edkiro.fr/la-resurrection-de-lescargot.html

 

 

 

 

 

 

Par jacques thomassaint - Publié dans : culture - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 09:32

Enfin ! J’ai réparé l’armoire normande de tante Aglaé !

Imaginez que ma chère et tendre épouse, déguisée en Père Noël afin de ne pas me faire perdre mes dernières illusions, m’a offert le « Goncourt » ! Si, si ! Du soi-disant génial et incontournable Houellebecq. Que j’avais pourtant décidé de ne pas lire.

Raté ! Alors, j’ai lu. Mais ce fut une épreuve. Après 60 pages sur les ennuis de chauffe-eau du héros, lequel devient célèbre (le héros, pas le chauffe-eau, réparé au noir par un plombier même pas français) grâce aux cartes Michelin (si, si, je ne blague pas !), on rencontre l’auteur lui-même, plus ou moins ivrogne mais très conscient de son génial génie.

Puis, je me suis endormi. Au réveil, comme la vieille armoire était bancale, j’ai glissé « La carte et le territoire » (c’est le titre du machin ennuyeux à mourir) à la place du pied rongé par les vers. Et là, miracle ! Pile poil à la bonne épaisseur. Mon armoire ne branle plus.

Comme quoi, hein, madame Michu, la littérature, ça peut être très utile !

Néanmoins, si vous avez le même problème, n’allez pas dépenser vos euros chez le libraire (ou alors, pour un autre titre d’un autre auteur, soyez vigilant, ne faites pas confiance aux « critiques » !), une vieille cale de bois fera l’affaire.

Et si je puis me permettre : lisez « Le mot de la fin » de Guénane. Aux éditions apogée. Ça vaut beaucoup plus, j’en suis persuadé.

Par jacques thomassaint - Publié dans : culture
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 16:14

Parfois, regarder la télé a un côté jouissif… si, si !

Je regarde une émission sur le réchauffement climatique, et les émissions de CO2. Ouah, y a de quoi avoir peur !

Puis une autre sur les accidents de la route, le permis à points, et les radars censés faire ralentir les gens pressés.

Bien, me dis-je, en bon citoyen. Pas plus, faut rester prudent.

J’avais raison : suit alors, en dix fois plus long, un reportage sur un type qui est champion de rallye en bagnole, et pour la septième fois,  le bougre ! Et que ça ne tarit pas d’éloge sur le guguss, et qu’on voit des virages dérapés et des fonçages à toute vapeur. Le reporter parle même de « héros ». L’ a pas peur des gros mots, çui-là.

Le plus marrant, c’est l’interview du pilote. Il est tout jouasse, normal. Et surtout, il est content d’avoir eu tant de spectateurs. Je me demande si ce sont le mêmes qui se font gauler en excès de vitesse en jouant eux aussi les « héros » ?

Chaque civilisation a les héros qu’elle peut. La nôtre, c’est joueurs de foot, ahuris de la star’ac et pilotes de bagnoles.

Vous je sais pas, mais moi, j’ai un peu le bourdon… en fin de compte.

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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 15:03

Moi, je crois qu’ils le font exprès. « Ils » : les conseillers du président Sarko. « Le » : les conneries qu’ils lui font raconter. Ou alors, s’il les invente lui-même, il devrait  revenir faire un tour sur les bancs du collège. J’explique :

Monsieur le Président visite la grotte de Lascaux. Passons sur l’aspect « vous les péquins du populo, n’y mettrez pas les pieds, alors que moi, seigneur élyséen, je peux ! ».

Il déclare (je cite) :

« le brave néandertalien qui avait parfaitement compris, qu'ici, c'était plus tempéré qu'ailleurs, qu'il devait y avoir du gibier, qu'il faisait beau et qu'il y faisait bon vivre ».

Alors là, chapeau ! Parce qu’à Lascaux, c’était l’homme de cro-magnon (18000 av notre ère) alors que le néandertalien avait disparu en 30000 avant !

Quant au climat, chacun sait, s’il a fait quelque étude, qu’il n’avait rien de tempéré : on était  alors en période glaciaire !

Alors, si je vous dis qu’à mon avis, « ils » le font exprès pour ridiculiser leur patron !

On en redemande !

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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 11:22

La vieille droite n’a toujours pas digéré l’indépendance des anciennes colonies ! Indécrottables ! Dernier exemple en date : un monsieur Luca, qui serait député des alpes maritimes (dire qu’il y en a pour voter  pour des types comme ça !) veut faire interdire un film relatant les massacres de Sétif en 54.

Et il avoue «  ne pas avoir vu le film » ! C’est vraiment la meilleure !

Non, ce n’est pas la meilleure. Elle vient : son petit camarade au ministère, à qui il a adressé sa requête, demande que l’on vérifie si ce film relate de façon juste les faits.

Déjà, qu’un ministre veuille qu’on vérifie un film, qui est une fiction et non un documentaire, ça laisse un brin pantois ! Dans la lignée de l’autre qui voulait que le prix Goncourt soit soumis au devoir de réserve !

Mais le meilleur, le voici : qui est  chargé de prouver que ce film relate de façon authentique les faits ? Je vous le donne en mille : l’armée ! Elle qui justement effectua le massacre ! La grande muette en juge de l’histoire ! On aura décidément tout vu en sarkozie !

On en rirait si ce n’était aussi dangereux pour les libertés !

 

une autre histoire à  suivre attentivemment : le 15 octobre aura lieu le procès intenté par un commerçant à une écrivain pour avoir situé l'action de son roman dans le quartier où il exerce ses activités (le marché saint pierre, à Paris) . Le bonhomme demande l'interdiction du livre (et puis quoi encore?) et 2 millions d'indemnités (rien que ça!). Comme si on condamnait Zola pour ses romans parisiens, ou Hugo pour Notre Dame de Paris !

Le pire est que la "justice" ait cru bon de recevoir la plainte de ce type et d'y donner suite !

Par jacques thomassaint - Publié dans : culture
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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /Jan /2010 17:57

            La guerre des classes (et plus seulement la lutte des classes) est soutenue par une guerre idéologique de tous les instants. Et il est à craindre que la gauche, extrême ou modérée, n’ait déjà perdu cette guerre. Car celle-ci est menée tambour battant par la quasi-totalité des grands médias télévisés et la plupart des journaux imprimés. Et surtout, par la diffusion massive, numériquement et financièrement, des films hollywoodiens.

            Ainsi, des millions de spectateurs iront voir le dernier film à la mode (« avatar » par exemple, ou « invictus » qui sort ces jours-ci)

            Or, il n’est pire diffuseur de l’idéologie dominante au pouvoir que ces films ! Sans que, la plupart du  temps, quiconque s’en rende compte ! C’est même fait pour ça !

            « Invictus », pour prendre un point d’appui, en est l’exemple flagrant. Sous l’allure positive d’une histoire de réconciliation entre noirs et blancs après l’apartheid en Afrique du Sud, on nous fait croire qu’un match de rugby en serait le déclencheur et le symbole.

            Or, s’il est vrai que Mandela, lors de ce match, a revêtu la tenue des springboks, et qu’il s’agissait d’un geste symbolique fort à l’égard des blancs, ce geste n’a en aucun cas été perçu ainsi par la population noire. Pour plusieurs raisons :

            - le rugby était et reste dans ce pays le sport des blancs, et marque la violence et l’oppression (ce qu’il ne fait pas en occident) ; le sport des noirs est le football…

            - les tribunes du stade étaient occupées par des blancs, des blancs et encore des blancs ! Les noirs étaient restés dans les bidonvilles ! Et avaient d’autres chats à fouetter !

            De plus, faire d’un match un élément moteur de l’histoire d’un pays, c’est occulter toute  l’histoire de l’Afrique du Sud, ses traditions, ses luttes, ses partis (dont l’ANC de Mandela), ses cultures diverses, de tribus, de peuples et de langues. C’est, à une échelle beaucoup plus petite, comme si un match de foot entre les patrons du CAC40  et les ouvriers licencies de chaffoteaux  effaçait les revendications de ces derniers !

            C’est aussi dire comme Sarkozy que l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire, ce qui est une contrevérité et une ânerie (pour rester poli).

            C’est vouloir nous faire avaler qu’il suffirait d’un match (de rugby ou autre) pour réconcilier des ennemis et effacer d’un coup de sifflet des décennies de tueries, de tortures, d’emprisonnement, d’exploitation, de misère organisée… allons donc !

            D’ailleurs, rien n’est réglé, en Afrique du Sud. Misère et violence augmentent chaque jour. La succession de Mandela n’a pas été à la hauteur de cet homme magnifique.

            Retour sur « Invictus ». J’ai beau aimer l’acteur Clint Eastwood, je n’en oublie par pour autant que, politiquement, c’’est un homme de droite ! Et qu’il convient, quand même, de lire ce film en y pensant. Rien n’est innocent.

            Je n’ai pas vu l’autre film à millions de dollars. « Avatar ». Je ne sais si je gaspillerai mes précieux deniers pour cet autre objet idéologique, simpliste si j’en crois les résumés lus ici ou là. La technologie en trois dimensions ne me suffit pas. Serions-nous en présence d’un réel avatar de l’idéologie dominante, qui désormais recycle l’écologie à tour de bras ? J’en ai bien peur.

             Et ce ne sont pas les séries américaines rachetées par nos chaines de télé (le mot « chaines » est intéressant, non ?) qui démentiront mon propos. Elles ont cet avantage, du point de vue des  idéologues de droite, de ne pas y aller « en force », comme le discours d’un Besson, d’une Le Pen ou d’un Sarkozy, mais en nous racontant une histoire. Le procédé est plus insidieux, bien qu’il ne soit pas nouveau. Et surtout, il peut être répété. Jusqu’à saturation. Alors, hop, on en propose une autre. Du même acabit.

            Un autre créateur états-unien est actuellement en France pour la promotion de son livre. Il s’agit de James Ellroy. Un excellent écrivain, sans conteste. Mais lui aussi un homme de droite ultraréactionnaire. Il suffit de l’écouter parler. Une horreur !  Est-ce seulement un hasard s’il est aussi promu en France ? Je ne  le pense pas.

            Cela n’empêche pas de lire, n’y d’aller au ciné, mais avec de très bonnes lunettes pour décrypter les messages sous-jacents. Et y résister, au moins. Hélas, je suis certain que peu de spectateurs les portent, ces lunettes !

            Comme j’ai conscience que ce n’est pas ce petit articulet sur un blog qui suffira.
           Ce soir, je suis pessimiste.

 

 

Par jacques thomassaint - Publié dans : culture - Communauté : les anti-capitalistes
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