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Je publie, pour la fin février 2012, un ouvrage « tous publics » :
L’ANKOU, UN PASSEUR D’AMES
dans lequel je présente la légende bretonne de l’Ankou et la compare avec quelques autres légendes. Il s’agit d’un ouvrage de
vulgarisation, que j’ai voulu facile à lire mais comportant cependant suffisamment d’informations pour éventuellement donner envie d’aller voir plus avant. Ce qui justifie la bibliographie donnée
à la fin. Un conte (que j’ai imaginé) fait une sorte de lien final.
Ce livre est publié aux éditions associatives « Chemin Faisant » de Ploemeur (56). J’en assure la diffusion locale. Illustration
couleur de couverture et noir et blanc pour chaque chapitre, de Nicolas le Tutour.
En voici quelques extraits… il me semble que ce travail pourrait intéresser aussi bien des ados que des adultes.
Format poche 17x12 avec rabats, 90 pages. 12 €
Chaque chapitre est précédé d’une sorte de comptine populaire.
extraits du livre :
LE MESSAGER DE L’ENFER
Trois fois chante l’effraie
Trois fois la dame blanche
Tout en haut de sa branche
Hulule puis se tait.
C’est le messager de l’enfer
Qui va sur la lande et la mer.
Trois fois gémit le vent
Trois fois la vague lève
Et pousse sur la grève
La barque et son gréement.
À toutes les époques, dans tous les pays, les hommes et les femmes n’ont cessé de se poser des questions sur la vie et sur la mort.
À ces questions, ils n’ont pas toujours trouvé des réponses. Alors, ils les ont inventées, sous la forme d’histoires, de contes, de légendes, de mythologies. Par
milliers. De l’Égypte à la Grèce, de la Scandinavie à l’Afrique, du Saskatchewan à la Mongolie, de la Bretagne à la Chine.
…ce ne sont pas de « vraies » explications. … Mais, enfants ou adultes, nous avons besoin qu’une réponse, même imaginaire, même totalement inventée, vienne nous
aider à vivre. Qu’elle nous rassure. Il est si bon d’avoir peur en sachant que « tout ça », ce ne sont que des histoires ! Des histoires d’ogres, de grand méchant loup, de fantômes ricanant ou de
princesse endormie pour mille ans !
…. il n’est pas étonnant qu’un aussi grand mystère que celui de la mort ait provoqué des quantités de légendes…Comme cet « Ankou » dont on racontait - dont on
raconte encore - les histoires en Bretagne, des bords de Loire aux rives du Scorff, de la Rance à l’Aber-Wrac’h, de Pontivy à Douarnenez...
IL S’ANNONCE
Il a prévenu. Il n’a pas dit son nom, il n’a pas crié à tous les vents : « C’est moi, l’Ankou, j’arrive ! Prenez garde à vous ! ». Pas de roulements de tambour, pas
de trompettes éclatantes, pas de haut-parleurs, pas de gros titres dans le journal. Rien de tout cela ! Mais néanmoins, certains l’ont entendu, deviné, pressenti ! Ils savent que ce serviteur de
la mort va bientôt venir….
…Ses messages, ce sont les présages. On les appelle aussi les « intersignes ». Difficiles à lire, à déchiffrer. Tout le monde ne les reçoit pas, et parmi ceux qui
les reçoivent, tous ne savent pas que ce sont des signes, et peu savent les interpréter.
…Un bruit ordinaire peut être un intersigne. Un verre qui se brise, un courant d’air froid, un escalier qui grince, quelqu’un qui passe dans la rue et qu’on croit
reconnaître. Souvent, ce sont des événements qu’une seule personne remarque et trouve étrange : des bruits de pas dans le grenier alors qu’il n’y a personne, un animal blanc ou noir qui traverse
la route et disparaît sans qu’on ait pu savoir de quelle espèce il était, le son d’une voix qui appelle alors qu’on est seul, le cri d’une chouette……
SES PORTAITS
…C’est un squelette, dit la chanson. Elle a raison. Au début, il est nu ! On dit nu comme un ver. L’Ankou, lui, est nu.... comme un squelette ! Sans doute parce que
les corps enterrés, peu à peu, voient leur chair se détruire, et que, bientôt, il ne reste que les os……
… il tient fermement son outil. Ce n’est pas toujours le même.
SES VOYAGES
… l’Ankou n’a rien inventé, n’a rien fabriqué pour ses transports. Il a tout bêtement emprunté une charrette ! Une charrette de paysan, comme celle que celui-ci
utilise pour ses travaux des champs. Il y transporte ses récoltes de fourrage, de blé, d’orge, de pommes de terre, ses sacs de farine au retour du moulin, il y emmène sa famille pour aller au
village écouter le prêtre dans l’église où une sculpture figure l’Ankou.
DOLMENS ET TUMULUS
Il en faut, du temps, pour que les anaons, qui sont les âmes des humains, puissent arriver à destination. Elles cherchent, ces pauvres âmes, les « lieux de paix »
que les celtes appelaient des sidhes. Sidhes terrestres et souterrains qui, peut-être, étaient jadis marqués par ces tertres et tumulus verdoyants si nombreux en Bretagne.
….Nos lointains voisins du nord, vikings et autres grands navigateurs, en Scandinavie, enterraient également leurs morts sous des tumulus. Parfois immenses, en
forme de navire, ils les appelaient d’un nom pour nous étrange : les skibstning.
….Des tumulus existent jusqu’au Japon où ils sont aussi grands que les pyramides d’Égypte.
….On dit aussi que des pierres énormes, ces formidables menhirs dressés un peu partout désigneraient l’emplacement de ces sidhes. Il faut croire alors que l’Ankou a
beaucoup voyagé : ne voit-on pas de ces mégalithes….
PESTE ET GUERRES/ LES POURVOYEURS
Elle s’est répandue partout, s’est infiltrée sous les portes des chaumières, est passée sous les poternes des villes, s’est installée dans les rues, sur les places
et les marchés.
Elle n’a eu de pitié pour personne, ni pour le laboureur, ni pour le sabotier ou le meunier. Elle a aimé la misère où elle a pu proliférer sans crainte.
Elle s’est vautrée dans les ruelles où coulent les eaux des égouts et dans les lits des affaiblis et des blessés….
… Elle, la Dame Noire, la peste ! La terrible pourvoyeuse de l’Ankou ! LA PESTE ! AN DROUK !
Elle est signalée en 1346, puis en 1349. Elle réapparaît en 1412 et en 1470. Elle suit en 1529 la famine de 1527. En 1532, les épidémies de ces trois horribles
maladies : typhus, syphilis et peste font des milliers de morts !
LES AUTRES PASSEURS D’AMES
Passeur de l’Achéron et du Styx,
Reine des enfers au-delà du fleuve,
Capitaine de l’île au milieu de la mer,
Embaumeur maître de la barque solaire,
Charretier à l’inusable faux,
Vigie du bateau fantôme,
Ils sont compagnons de même route,
Ils sont les « passeurs d’âmes ».
Suivent quatre histoires avec ces mythes :
CHARON, le nocher des enfers, et une aventure d’Héraclès.
DONN, l’irlandais solitaire.
HEL, une femme reine du domaine des morts, et l’aventure de Baldr le bon
ANUBIS, l’embaumeur à la tête de chacal noir sur un corps d’homme.
… LE CONTE FINAL
Rêve rêve la belle
A l’amour à la vie
Rêve rêve la belle
Tout commence aujourd’hui
Ce soir tu es si belle
Que l’Ankou s’est enfui
Quand naquit Gwenaëlle, le monde allait comme va toujours le monde, un peu en rond, un peu de travers.
Au troisième jour qui suivit sa naissance, la lumière s’éteignit pour sa mère. Une vie pour une autre, murmura la grand-mère toute de noir vêtue.
Au septième jour, de chagrin et de désespoir, le père s’en alla rejoindre sa femme dans l’enfer froid des ténèbres, dans le grand fleuve souterrain, parmi les
anaons errants.
Gwenaëlle resta seule avec sa grand-mère.……….
UNE BIBLIO GRAPHIE COMPLETE L’OUVRAGE
Bonjour Jacques,
Tu me l'envoies ce beau livre, en même temps que la nouvelle habituelle, tu dis combien et je t'expédie un chèque en retour (compte évidemment le port).
Merci de ta confiance. Dès que la bête est parue (le 23 sauf retard imprimeur), je te l'envoie.
amitiés. Jacques