Mercredi 1 juillet 2009

 

Mariton, député UMP a proposé la création d'un emprunt obligatoire pour les plus riches. En voilà une bonne idée, se diront les naïfs, faire payer les riches !

 

Erreur !

 

En effet, un emprunt, ça se rembourse ! Et un emprunt d'état, ça se rembourse avec les deniers de l'état, c'est-à-dire l'impôt. Donc, coup double pour les riches :

- un, le bouclier fiscal les dispense d'impôt,

- deux, ils se font rembourser des intérêts avec l'argent des autres, c'est-à-dire celui de la collectivité !

 

Mariton, les riches, ils devraient le décorer !

Par jacques thomassaint - Publié dans : politique - Communauté : les anti-capitalistes
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Mercredi 1 juillet 2009

Tu as dit : " Il y a un peu de Michael Jackson en chacun de nous."
Cause pour toi, bonhomme ! Moi, je ne sens rien. Que dalle !
C'est vrai que tu es ministre, ça permet de dire n'importe quoi !

Devinette : de qui s'agit-il ?

Par jacques thomassaint - Publié dans : politique
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Lundi 29 juin 2009

Et voilà !
Un pédophile notoire, n'ayant échappé à la justice que grâce à son fric, meurt, et la planète entière devrait s'associer aux larmes dégoulinantes de ses « fans », une armée de débiles mentaux qui, à en croire une radio, le prennent pour le « Mozart » de la Pop ! Un tsunami de pleurnicheries inonde les pseudos-infos !
Et personne ne vient nous dire que le père, le « révérend », fut un père abusif, ni que la mère milite aux témoins de Jehova, bref, une famille exemplaire ! Ni que ce triste pantin n'était qu'une machine à faire de l'argent, ayant honte de sa couleur de peau, refusant de grandir, allant jusqu'à se laisser surnommer « Bambi » ! Bambi ! Vous le croyez, un truc pareil ?

A écouter les télémerdiques et radiocacas associées, on devrait même lui faire des obsèques mondiales !
J'ai vraiment  très envie de devenir grossier avec ces gens-là !
Et pendant ce temps, on massacre un peu partout dans le monde, on assiste à un putsch militaire, des gamins fêtant leur bac se font tabasser par la police, les patrons ferment des usines, le ministère de l'éducation nationale menace des enseignants de mesures disciplinaires, des syndicalistes sont traînés en justice, la solidarité est un délit, on nous fourgue un vieux schnock avarié à la culture, la retraite à 67 ans est pour bientôt, et... j'en passe !

C'est vraiment à se demander ce que nous avons bien pu faire pour mériter un tel déferlement de bêtise crasse, de conneries monumentales, de saloperies malodorantes, de léchages de culs malpropres et autres avanies ?

On est mal barré !

 

Par jacques thomassaint - Publié dans : politique - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 28 juin 2009

Lettre de soutien d'Hubert Montagner

aux professeurs des écoles injustement sanctionnés

Chers Professeurs des écoles,

Il est inacceptable que vous soyez punis par le Ministre et la hiérarchie de l'Education Nationale alors que, par votre décision intelligente et responsable, vous n'avez pas voulu être complice de la nouvelle forme de maltraitance constituée par le temps de soutien après la classe, dit aide personnalisée, qui doit être consacré obligatoirement aux apprentissages dits fondamentaux (français, calcul, mathématique).

Mieux que quiconque, vous savez en effet que, à la fin du temps scolaire, les enfants en difficulté sont épuisés, enfermés dans leurs peurs, échecs, blocages et inhibitions, dans leur anxiété, leurs angoisses ... surtout lorsqu'ils se projettent dans le retour à la maison alors que leur milieu familial est en souffrance. Beaucoup le sont déjà au début de l'après-midi ou même, pour les plus fragiles, vulnérables et démunis, dès la fin de la matinée comme le montre l'observation des enfants accueillis dans les écoles de ZEP. Seuls les enfants qui vivent au quotidien dans la sécurité affective, sans déficits de sommeil et sans comportements "perturbés" et/ou "perturbateurs", peuvent être suffisamment vigilants, attentifs, réceptifs et disponibles au cours de l'après-midi pour capter et traiter les messages du maître, et ainsi se réaliser pleinement comme élèves. Et encore, pas tous les jours selon les fluctuations de leurs équilibres physiologiques, émotionnels, affectifs, sociaux et cognitifs. Tous ont envie de changer de « planète » à 16h.30. La très grande majorité des enseignants ... également.

Votre refus d'enfermer après la classe les élèves en difficulté dans des situations d'apprentissage formel qui vont aggraver leurs difficultés, est une prise de responsabilité humaniste et civique qui vous honore. Elle montre la voie pour que les enfants en difficulté ne soient pas encore plus épuisés, démotivés ... et finalement, au fil des jours, psychologiquement et intellectuellement détruits par la journée la plus longue du monde (six heures de temps contraint).

« L'addition » quotidienne de l'aide personnalisée aux enfants en difficulté scolaire augmente encore la durée de la journée scolaire la plus longue du monde ... en particulier pour ceux qui peinent à mobiliser leurs ressources intellectuelles afin de comprendre et d'apprendre, et aussi pour les enseignants eux-mêmes. Comment peut-on penser qu'une aide après la classe, fût-elle personnalisée, puisse être utile ou efficace pour les élèves dont la fatigue, le manque de vigilance et d'attention, et l'absence de motivation sont évidents à 16h.00, souvent dès le début de l'après-midi ou même à la fin de la matinée (c'est évident dans les écoles des ZEP) quand ils sont « installés » dans l'échec scolaire ?

Les dégâts viennent s'ajouter aux dégâts générés par l'accroissement de la pression intellectuelle et relationnelle avec le poids augmenté au quotidien de la fréquence et de la durée des apprentissages dits fondamentaux, dans le cadre combiné d'une semaine ramené arbitrairement à quatre jours (il faut faire en quatre jours ce qui était fait en quatre jours et demi) et de nouveaux programmes imbéciles. Il n'y a plus de temps de décompression et de respiration au cours de la journée alors qu'il est indispensable pour que tous les enfants, surtout ceux qui sont en difficulté, puissent récupérer au moins un peu de leurs fatigues psychologiques et intellectuelles, et restaurer peu ou prou leurs capacités d'attention, de concentration intellectuelle et de traitement de l'information. Il n'y a plus assez de temps pour que les enfants puissent libérer leurs émotions, leurs sensibilités, capacités et intelligences cachées, ainsi que la richesse de leur imaginaire, pourtant évidentes lorsqu'il s'engagent dans les arts plastiques, le chant choral, la narration, la découverte de la nature, les particularités de la vie végétale et animale, l'histoire captivante de nos ancêtres et du monde, les modes de vie dans les différentes cultures humaines ... Les enfants apprennent aussi bien le français, ou mieux, au cours de ces temps de diversification et de découverte que dans les situations d'apprentissage formel et explicite de la langue. Bien évidemment, les enseignants le savent. Les Professeurs des écoles ont donc raison de proposer l'un ou l'autre de ces champs de découverte et de plaisir au cours de la demi-heure d'aide personnalisée, alors que leurs élèves sont « intellectuellement plus que saturés ».

Les Scandinaves sont horrifiés.

En imposant sans concertation la semaine de quatre jours, l'augmentation délirante du poids des "fondamentaux" et le soutien accordé après la classe aux enfants en difficulté, le Ministre et la hiérarchie de l'Education Nationale déshumanisent l'école, accroissent les inégalités et injustices sociales, en conduisant un nombre croissant d'enfants à s'enkyster dans "le désamour" pour l'école et son rejet, et ainsi plus ou moins progressivement dans la marginalité sociale. Ce "système" aberrant et "concentrationnaire" stigmatise les familles qui cumulent les difficultés personnelles, morales, familiales, sociales et culturelles. C'est une honte pour notre pays ... en principe l'un des berceaux des Droits de l'Homme. Les étrangers que je rencontre ne comprennent pas ce "système". On n'aurait pas agi autrement si on avait voulu pérenniser une école à plusieurs vitesses dans laquelle les plus fragiles, vulnérables et démunis ne peuvent même pas passer la première vitesse, et s'engager avec confiance dans le désir de comprendre et d'apprendre faute de pouvoir enclencher les vitesses supérieures qui permettent d'accéder aux différents niveaux des savoirs et des connaissances.

Aucun pays au monde n'a institué une journée scolaire aussi pénalisante pour les enfants en difficulté dans le cadre d'une semaine qui n'en est pas une : deux jours scolaires (lundi et mardi), un jour non scolaire (mercredi : peut-on encore le justifier par la catéchèse, prévue le jeudi il y a trente ans ?), deux jours scolaires (jeudi et vendredi), et deux jours de week-end. Dans ce cadre, tout le monde sait que le lundi est un jour très perturbé et perturbant (beaucoup d'enfants sont somnolents, en tout cas non vigilants et/ou agités). Quelle illusion et/ou quel manque d'honnêteté de penser qu'une demi-heure supplémentaire d'aide personnalisée après la classe, notamment le lundi, puisse faciliter la maîtrise du français, du calcul et des mathématiques en situation d'apprentissage formel. Tous les enseignants savent que c'est une mission impossible.

Le tribunal incontournable de Histoire retiendra que l'actuel Ministre de l'Education Nationale, ses conseillers patachons et idéologues, et sa hiérarchie vassalisée ont institué un système de maltraitance, de stigmatisation, de culpabilité et d'exclusion implicite qui déshonore notre pays et notre nation.

Il n'y a jamais eu autant d'Inspecteurs d'Académie révoqués qu'en 2008-2009 alors que leur "'faute" a été d'entendre et d'essayer de comprendre la décision et le désarroi des enseignants, notamment ceux que l'on dit « désobéisseurs ». Les informations qui "remontent du terrain" montrent toutes qu'il n'y a jamais eu autant d'enfants épuisés et déboussolés, et aussi d'enseignants exténués, stressés, démoralisés et culpabilisés par les échecs persistants des élèves les plus fragiles, vulnérables et démunis. Les lettres qu'ils adressent à leurs édiles, souvent le ou la maire, sont pathétiques et souvent bouleversantes. La porte est béante pour la consommation accrue de somnifères, calmants, psychotropes ... des enfants, de leurs parents inquiets ou désespérés et de leurs maîtres ... qui perdent confiance dans leurs compétences. Faut-il préciser que les Français sont déjà les plus grands consommateurs de ces molécules !

Par leur refus, les « désobéisseurs » sauvegardent la dignité de l'école. Merci.

Le présent courriel peut être diffusé sans retenue.

Avec toute ma solidarité,

Le 5 juin 2009

Hubert Montagner

Professeur des Universités en retraite

Ancien Directeur de Recherche à l'INSERM

Ancien Directeur de l'Unité de recherche « Enfance Inadaptée de l'INSERM

 

 

Par jacques thomassaint - Publié dans : politique - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 26 juin 2009

(M.A.M. déclare que le grand emprunt proposé par sa Majesté Chouchou  1er au congrès de Versailles pourrait servir à construire ou rénover des prisons...)

Il avait souscrit le grand emprunt lancé par le Prince. Comme il n'était pas ladre mais bon citoyen, il avait beaucoup investi.

Puis, licencié, chômeur, criblé de dettes, il fut viré de son logement dont il ne pouvait plus régler le loyer. Une fois SDF, il eût recours à quelques vols de nourriture pour survivre. On l'arrêta. On le condamna. On l'emprisonna.

Dans une prison rénovée. Grâce à son argent, généreusement prêté à l'état quelques années auparavant.

Il pensa qu'il avait bien fait de se  montrer prévoyant !

Par jacques thomassaint - Publié dans : politique - Communauté : les anti-capitalistes
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" Ar garediged", poème épique, éd Cynthia3000
" Bar des sables", nouvelles marines et naufrages,  éd Chemin Faisant
" En attendant la froidure", roman gériatrique décalé,  éd Mutine

mes publications

POESIE

Comparution                   Millas-Martin        1971

Les choses imminentes   Formes et Langage  1977

La septième face du dé      Arcam                1994

Bleu comme les rêves (cartes postales)        1997

Trois rebelles d’autres rivages   L’autre rive   2004

Porh Loeiz blues            Auto-édition             2006

Il y avait un homme (prix 2007   Dijon)
                Les poètes de l’amitié                         2007

Là-bas, peut-être     L’autre rive                     2007

ROMANS/NOUVELLES

La guerre sera jolie, encore une fois Complicités  1998

Alpha-Blanc-Casse                          Mutine         1999

Ici et là-bas (nouvelles)                    Mutine        2002

Le triporteur de l’Apocalypse   L’Embarcadère 2003

En attendant la canicule                  Mutine        2005

Ça va pas être Noël tous les jours     Findakly    2005

Une journée de chien ( policier) Chemin Faisant  2006

Opération Minahouet (policier) Chemin Faisant   2007 
 JEUNESSE

Contes des bas-buissons  (contes) Vague à l’âme    1993

Une libellule ça trompe (roman)Vague à l’âme     1994

Contes à lire en mangeant des pois chiches            1994

Rendez-vous avec l’ankou (roman)  Liv’éditions    1999

Gwen et les occupants (roman )         Liv’éditions   2000

Le clandestin de Port-Louis (roman ) L’harmattan 2003

Mon chat est un drôle de zèbre (poèmes)Soc et Foc 2004

Le voyage à Perros (roman )           Le petit Pavé    2004

ESSAI

Conte et ré-éducation (essai de psycho-pédagogie)   
                                                   Chronique Sociale 1993

CONTES SATIRIQUES

Le grand jeu des chaises                             Mutine       2000

Promenade marcusienne en France électorale Mutine  2008

Pamphlet : les héritiers (prix Claude Tillier 2008)      2008

DIVERS

De Margot à Titouan    Port louis (association)  2003

Nouvelles en direct   En abonnement mensuel (depuis 1998) 
 Revues :  Salmigondis, Sapriphage, l’Encrier renversé,
Epistoles,
Hopala, Spered Gouez, l’ours polar,
Le cri du menhir

En ouvrages collectifs  

Village du livre de Cuisery(nouvelle)   2005

Village du livre de Fontenay(conte)     2004

Rue du monde(poèmes)                       2005

IHV (poèmes)                                       2006 
Nouvelles de Bretagne
(Centre Régional des Lettres)              
2007

Les maisons mitoyennes (nouvelle)
ed du barrage                                      
2007

Alfred Jarry est mort (nouvelles)Laval  2007

Café (nouvelles) le Loir littéraire          2007

A bout de course (nouvelles)
                                 Mauves en noir    
2008
 
 Un mois, une nouvelle (nouvelles)
                                          ed. Gunten  2008

 En Bretagne, ici et là (keltia graphic) 2008  

   Sur un autre versant (petit pavé)       2009

THEATRE

le dernier été de Jeanne   La main qui raconte  2007

(joué à Port-Louis, Gâvres, Locmiquélic, Saint-Pierre Quiberon,
 Concarneau, festival de Kerhervy…)

nouvelles en direct (extraits)

           

LE PARFUM DU LILAS DANS LA NUIT

 

 

            C’est une histoire qui tourne sur elle-même, comme ce vieux manège oublié dans un coin de la mémoire, un vieux manège peint de carmin et d’or, avec les miroirs au tain écaillé, de fausses pointes de diamant dans lesquelles joue la lumière, son pompon rouge qu’agite le forain sous le nez des enfants, et on y voit justement des enfants rieurs assis sur des animaux de bois, montant et descendant, au rythme mélancolique d’un limonaire, quand passe le musicien et son instrument,  chantant de sa voix gouailleuse les couplets des amants séparés, et pleure devant ce manège une jeune fille vêtue d’une robe légère de voile fleuri, et s’éloigne un jeune homme à grands pas énergiques, de colère peut-être et on ignore pourquoi cette colère, et tout cela sous ce soleil de juin, ces odeurs de lilas venues d’un jardin voisin, invisible, et ne pas  oublier la vieille femme en noir, qu’on oubliera  et qui s’éloigne, passante voûtée sous des années de rêves inaccomplis, et des hommes rient, quelque part, assis autour d’une petite table ronde, ils trinquent à on ne sait quel bonheur provisoire, une joie vaguement triste, ils se hâtent, ils savent que cet instant partagé ne durera pas, ne reviendra sans doute jamais, eux qui vont partir tout-à-l’heure, pour une guerre, une fuite, une destinée dont ils ignorent encore s’ils en reviendront, et la chaleur est douce, annonçant l’été, les blés mûrs, les plongeons dans les eaux fraîches de la rivière, et le musicien tourne autour du  manège, il s’approche de la jeune fille en pleurs, semble ne chanter que pour elle la ritournelle des amours mortes, ou celle de la fille de nulle part  oubliée sur une place, seule, que son amant abandonne pour courir vers une plus belle, une plus jeune, une plus riche, et quand le chanteur reprend son souffle, c’est comme un temps suspendu, une attente, et le manège ne tourne plus, les enfants crient et rient, descendent et prient des mères bavardes d’encore profiter du vertige coloré, croquant une pomme d’amour, et c’est alors que surgit une ronde bruyante et multicolore, qui s’en vient tourner à l’entour du manège, une main tente de saisir celle de la jeune fille, elle se refuse, replie son chagrin, dissimule son visage dans la baptiste froissée, et pris dans le tourbillon des robes et des chemises ouvertes sur des torses en sueur, le musicien remet en marche son limonaire, et sa musique est comme un écho des cris et des chants, et de la tristesse de celle qui pleure solitaire désormais devant la manège dont a repris le tournoiement lent sous les regards des mères aux mises en plis déjà défraîchies, et le soleil haut dans le ciel rapetisse les ombres des baraques foraines où s’agglutinent lanceurs de boules au jeu de massacre, tireurs de pipes et buveurs de chopes emplies d’or et de  mousse avec cette buée de fraîcheur tout autour du verre, et personne ne saurait répéter les paroles de la chanson qui s’en va, cette Goualante du pauvre Jean s’éloigne du manège où se diffuse en crachotant, grinçant, un autre air passé de mode, on reconnait un accordéon et la voix de Marguerite Monnot en Irma la douce, ou est-ce Piaf, allez savoir, les buveurs de bière rient très fort, choquent leurs verres en trinquant à la paix du monde, aux jolies filles et à l’amour, et les claquements secs des carabines accompagnent leurs libations, depuis les stands où d’habiles tireurs s’embarrassent de poupées de chiffons, d’ours en peluche et de bouteilles de mauvais mousseux que la chaleur débouche en geysers sucrés,................................................. (extrait)

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Poème du mois

 

Etat d’urgence.

Poser des mots comme poser des bombes. Planter des phrases fleurs. Essayer le fleuve jusqu'à la litanie. Laisser la rage se déclarer. Tempêter le calme jusqu'à la perfection du cercle.

 

Etat d’urgence.

Laver l’aube des graffiti inessentiels. Oublier l’inoubliable. Peser la nostalgie. La parole donnée. Offrir les mots de la révolte. Permettre au cri le hurlement, au murmure le silence. Greffer l’espoir en grappes solaires.

 

Etat d’urgence.

Libérer le feu. Veiller le sommeil. Savoir le rire et les larmes. Et la tragédie de l’inconscient. Soumettre le rêve au cauchemar. Mourir dans la gloire d’un éclat de rire.

 

Etat d’urgence.

Recréer la vie, des doigts sur les yeux. Des lèvres pour supplier. Pour l’inutile, pour la joie, pour un songe de singe. Vendre le vent avec le ciel. Croire l’espace complice. Un seul instant. Avant le vide.

 

Etat d’urgence.

La main, aussi, déserte. La couleur des mains. Parler la langue des prisons et celle de l’insoumission. Cravacher le temps. L’arrêter, d’un geste, sur la tombe d’Yseult la blonde. Fleurir celle de Laure. Celle de Léopoldine. Celle d’une femme inconnue qui fut très belle. Courir le risque. Peut-être.

 

Etat d’urgence.

S’asseoir au crépuscule sur l’arbre de la tempête. Ignorer jusqu’au parfum du lilas. Flamber, torche nécessaire. Livrer la page à la cruauté de l’écrit. Incendier l’océan. Se taire, lavé d’amour. Avoir, une seule fois, parlé la langue des poètes.

 

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